Première Ascension Féminine de "Elles Aussi" : Une Réussite Mixte Historique

Instructions

En janvier 2026, les alpinistes Melanie Grünwald et Fay Manners ont gravé leurs noms dans l'histoire de l'alpinisme en réalisant la première ascension de la voie mixte « Elles Aussi » (M7+ A0) sur la Tête aux Chamois. Cette performance remarquable, située dans le majestueux Oberland bernois au Glacier 3000, est d'autant plus significative qu'il s'agit de la première voie ouverte sur cette face par une équipe entièrement féminine. Leur détermination et leur habileté ont été mises à l'épreuve par un itinéraire complexe et des conditions hivernales redoutables, marquant un moment clé pour l'alpinisme contemporain.

Le projet, initié par Fay Manners, a bénéficié de l'expérience et de la résilience de Melanie Grünwald, qui, après une pause de cinq ans due à une blessure, a fait un retour impressionnant. Ensemble, elles ont surmonté des obstacles considérables, notamment une neige profonde et instable, et des sections d'escalade technique exigeantes. Leur succès ne se limite pas à la prouesse physique; il incarne un esprit de collaboration et d'exploration, tout en ouvrant de nouvelles perspectives pour les futures ascensions libres de cette voie.

L'Établissement d'une Nouvelle Voie Mixte

Entre le 21 et le 23 janvier 2026, l'Anglaise Fay Manners et l'Autrichienne Melanie Grünwald ont réalisé la première ascension d'une voie mixte sur la Tête aux Chamois, surplombant la station de ski Glacier 3000, dans la région de l'Oberland bernois en Suisse. La voie, baptisée Elles Aussi, est cotée M7+ A0 et constitue la toute première ligne ouverte sur cette paroi par une équipe entièrement féminine. Cette réalisation est le fruit d'une préparation minutieuse et d'une audace certaine, Fay Manners ayant eu l'idée de cette ascension après avoir exploré les opportunités d'escalade mixte et dry tooling dans la région pendant plusieurs hivers. Son contact avec Simon Châtelan, auteur d'un topo local, a été déterminant pour obtenir son accord et son soutien, Châtelan soulignant le manque d'intérêt pour le développement de voies hivernales dans le secteur.

La Tête aux Chamois, directement accessible via l'ascenseur du Col du Pillon et le Tunnel Noir, est un site emblématique souvent associé au ski extrême, notamment la descente du Mur Noir. Les conditions rencontrées par Manners et Grünwald ont été particulièrement ardues. L'approche s'est avérée compliquée par une neige sucrée profonde et des rochers instables, rendant chaque mouvement périlleux. Le premier pas, une fissure sèche délicate, a nécessité une précision extrême avec piolets et crampons. Au-dessus, deux toits importants ont jalonné la progression; le premier contourné, le second a exigé une escalade directe. Fay Manners a mené l'effort, effectuant une chute significative avant de devoir recourir à une courte section d'aide pour sécuriser la progression. La suite de l'itinéraire a traversé des roches solides avec des fissures enneigées et de l'herbe gelée. La découverte de boulons existants d'une voie antérieure, Ma Révérence (2003, Lador Bertrand), a permis de partager certains ancrages avant que Manners ne place de nouveaux boulons pour la sortie finale. Ce projet a bénéficié du soutien crucial de Glacier 3000 et de la flexibilité de l'équipe des patrouilleurs de ski, facilitant l'accès et la logistique de cette entreprise audacieuse.

Les Défis et Perspectives d'une Ascension Pionnière

La voie Elles Aussi représente un défi technique et physique considérable, non seulement par sa cotation M7+ A0, mais aussi par les conditions météorologiques imprévisibles et les caractéristiques topographiques de la Tête aux Chamois. Les alpinistes ont dû faire face à une neige profonde et peu portante lors de l'approche, transformant une section normalement simple en un test de prudence et de concentration. Le premier pas d'escalade technique a immédiatement plongé l'équipe dans une difficulté où l'adhérence et l'équilibre étaient primordiaux. Les toits, véritables bastions rocheux, ont exigé des manœuvres complexes et une lecture attentive du terrain. La ténacité de Fay Manners a été mise en lumière lorsqu'elle a dû surmonter une chute et utiliser une courte section d'escalade artificielle pour assurer la sécurité de la voie et de son partenaire, démontrant une capacité d'adaptation essentielle en alpinisme de pointe.

La collaboration entre Manners et Grünwald est un exemple éloquent de la force du partenariat en alpinisme. Melanie Grünwald, de retour à l'alpinisme après une période de convalescence, a embrassé cette opportunité comme un moyen d'apprendre et de repousser ses propres limites, malgré son manque d'expérience en dry tooling. Son engagement a été fondamental pour le succès de l'expédition, prouvant qu'un esprit d'ouverture et une volonté d'apprendre peuvent compenser l'absence d'expérience spécifique. Actuellement, la voie Elles Aussi n'est pas entièrement libérée en raison de la section d'aide utilisée par Manners. Les deux grimpeuses ont exprimé le souhait et l'espoir que de futures équipes tenteront une ascension entièrement libre, proposant ainsi une cotation mise à jour. Cette perspective ouvre la voie à de nouvelles explorations et à la progression des standards en alpinisme mixte, invitant la communauté à relever le gant et à prouver que cette ligne peut être gravie dans sa totalité en escalade libre. Leur exploit souligne non seulement leur prouesse individuelle, mais aussi leur contribution à l'évolution de l'alpinisme, en particulier pour les femmes dans ce sport exigeant.

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